Lisa Chavy, la créatrice de Livy, ouvre une boutique écrin qui accueille à l’étage l’atelier de confection de sa ligne de haute-lingerie, pensé comme une véritable vitrine du savoir-faire de la lingerie française.
Un parquet à chevrons, des livres d’art posés sur des meubles en bois chinés aux puces de Saint-Ouen et un bouquet de fleurs séchées qui trône sur une grande table noire dans la chaleureuse entrée. «Je veux qu’on se sente ici comme à la maison» nous confie Lisa Chavy, passionnée depuis toujours par la lingerie et l’art de la corseterie. «Dans le temps, quand les usines n’existaient pas, la lingerie à Paris c’était du sur-mesure. Quand on avait besoin d’un soutien gorge c’était la grand-mère qui le faisait, ou, pour les gens qui avaient beaucoup d’argent, une corsetière. Je souhaitais remettre au cœur de Paris cette culture: une vraie implantation locale du savoir-faire. En tant que créatrice de lingerie, c’était mon devoir de montrer cela.»

Lisa Chavy
Après avoir traversé l’entrée et admiré sur des cintres dorés bustiers, soutiens-gorge et culottes en dentelles, un salon intimiste se dévoile au fond de la boutique. Un lieu d’essayage avec de beaux fauteuils roses poudrés, pensé comme un écrin, où est exposée la nouvelle ligne de haute-lingerie de la maison. Cette ligne, qui porte le nom de sa fille Colette, va encore plus loin dans la noblesse de la matière et le raffinement. De la dentelle de Calais, made in France, sur laquelle de fines perles sont brodées à la main.
La confection de cette nouvelle ligne a lieu dans l’atelier, à l’étage de la boutique. Pour y accéder, il faut d’abord passer par l’escalier et admirer en montant «un mur aux fesses», comme le nomme ironiquement Lisa Chavy. En hommage aux corps féminins et à leurs plus belles représentations dans l’art, des photographies, des couvertures de magazines et des dessins tapissent tout le mur. Marilyn Monroe, Jane Birkin, Brigitte Bardot… des inspirations qui donnent le ton de l’atelier, entre tradition et innovation.
À l’étage, la créatrice a tenu à donner vie à ce lieu ouvert en y incluant des meubles de famille. Sur une grande table en bois les couturières découpent avec minutie la dentelle. Une partie de sa collection privée de lingerie vintage est exposée dans de jolis cadres qui décorent les murs: «Je collabore avec Ghislaine Rayer, qui est la plus grande collectionneuse au monde de lingerie. Mais j’ai bien l’intention de lui racheter toute sa collection!»
Le nouvel atelier a aussi pour mission d’accompagner le tournant de la marque vers une démarche éco-responsable: «Après trois ans, c’est le moment pour Livy d’attaquer ce sujet qui est très important pour moi. On commence à avoir des stocks de matière, et grâce à cet atelier nous allons pouvoir faire des petites séries, commander moins, éviter ainsi les surplus de stock et mettre en place l’upcycling. Mon objectif à long terme est de pouvoir relocaliser une plus grosse partie de ma production dans cet atelier.»

Modèle « Goldie Plunge », LIVY
Autre détail amusant de ce lieu, les machines portent des noms… d’hommes ! «Pour une fois que ce sont les femmes qui prennent le dessus et que ce sont les hommes qui sont les machines» souligne la créatrice. Toutes, sauf une, l’élastiqueuse qui s’appelle Brigitte «parce que c’est elle qui tient la culotte dans le couple!» Le dernier poste de travail de l’atelier, est consacré à la personnalisation. Nouveauté pour la griffe, qui offre ce service avec un large choix de broderie unique avec perles, fils lurex ou encore bijoux.

LIVY
L’atelier LIVY
64 rue Bonaparte, Paris VIe
Jeanne Cerin
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