Stéphanie Huang, jeune ambassadrice du violoncelle franco-belge: une voix pour redonner du sens à la musique classique.
Ecouter Stéphanie Huang, c’est avoir l’impression de comprendre la musique. Découverte lors du prestigieux concours Reine Elisabeth à Bruxelles en 2022, la lauréate de 28 ans s’est fait une place sur le devant de la scène. Après des études au Conservatoire royal de Bruxelles ainsi qu’au très réputé Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, elle entre dans l’histoire de l’Orchestre de Paris en devenant la première femme à remporter le concours de violoncelle solo. Le 17 mai, elle jouera Salle Gaveau en soliste avec l’Orchestre Lamoureux. Un rendez-vous à ne pas manquer. Entretien avec la nouvelle étoile montante du violoncelle.
En 2022, lors du concours Reine Elisabeth, le public découvre votre timbre et votre engagement musical.
J’étais la seule Belge à aller en finale, alors oui, pour ce petit pays, c’était un grand moment, de me voir sur scène ! Mais ce n’était pas mon but. Je n’ai jamais perdu de vue que j’étais là pour la musique, et non pas pour la compétition. Recevoir le prix du public a résonné comme une belle marque de soutien et de reconnaissance de mon travail.
Il faut être une grande compétitrice pour concourir au poste de violoncelle solo à l’Orchestre de Paris…
J’ai toujours su que je voulais faire partie d’un orchestre. Lorsque je suis arrivée à Paris pour mes études, le premier orchestre que j’ai écouté, c’était l’Orchestre de Paris. A ce moment, j’ai su que je voulais l’intégrer un jour. C’est un poste très rare, le poste de violoncelle solo. Un poste de rêve, en quelque sorte, et pour la première fois occupé par une femme !
Quelle est la différence de préparation entre un concours d’orchestre et une compétition internationale ?
La discipline est la même, puisqu’il faut énormément travailler, mais le répertoire et les conditions sont très différents. Pendant le concours à Bruxelles, on était très exposés. Le concours passait à la télévision, alors qu’un concours d’orchestre se passe, pour les premiers tours, derrière un paravent. L’orchestre demande une précision absolue. Il faut montrer une grande stabilité, savoir être le plus juste possible, tout en apportant sa touche personnelle. La préparation physique est primordiale, et bien trop souvent reniée chez les musiciens, alors que les blessures sont vite arrivées ! Nous restons des sportifs de haut niveau.
Quel est le rôle du violoncelle solo dans un orchestre ?
Jouer dans un orchestre, c’est faire de la musique de chambre à grande échelle. En tant que solo, j’assure le lien entre le chef d’orchestre et le reste du pupitre de violoncelles. Le côté humain est très important, puisqu’il faut être à l’écoute de tout ce qu’il peut se passer autant sur scène qu’en coulisses.
Où peut-on vous trouver quand vous n’êtes pas avec votre violoncelle ?
J’adore me promener au village Jourdain, dans le XXe arrondissement. C’est un endroit pittoresque qui offre de nombreux cafés et restaurants pour siroter un bon chaï latte ou hojicha latte, mon préféré, avant un concert !
Votre salle de concert parisienne préférée ?
La Philharmonie, sans hésitation, pour son acoustique incroyable, et puis parce qu’elle est magnifique, esthétique, équilibrée et agréable. Et puis, il y a l’Opéra Garnier, qui me touche beaucoup.
Propos recueillis par Marie Jérémie
«La Muse et le Poète», le 17 mai 2025 à 20h30, Salle Gaveau, Paris VIIIe.